Grâce aux désormais célèbres combinaisons en polyuréthane, 2009 restera comme l’année de tous les records en natation. Mais 2010 marquera la fin de cette ère de démesure technologique, avec un retour au bon vieux maillot en tissu.
Grâce à la combinaison, une multitude de jeunes nageurs, encore inexpérimentés, a pu rivaliser avec les meilleurs. « Ce sont des nageurs d’un niveau moindre qui profitent plus de l’avantage technologique qui joue sur de la flottabilité, ce qu’on travaille par une qualité physique de gainage et d’endurance physiologique supérieure aux autres, par une endurance technique. Ce sont les principes fondamentaux de la natation », explique Denis Auguin, entraîneur du champion olympique du 100 m nage libre, Alain Bernard. Les forts gabarits ont été plus avantagés par la combinaison qui a comprimé leur masse, qui génère leur puissance.
En 2010, les nageurs massifs seront en difficulté et ceux aux qualités aquatiques devraient mieux s’en sortir, selon les spécialistes. « Pour les nageurs physiques, qui ont moins de sensations, moins de feeling dans l’eau, ce sera plus difficile », suppose Maxime Cornillier, entraîneur de Frédérick Bousquet, détenteur du record du monde du 50 m libre.
Il faudra réapprendre à nager en 2010
Pour le technicien et préparateur physique, il va falloir « retravailler sur les sensations de bases de l’homme avec l’eau, les sensations primaires. Il ne faudra pas qu’ils soient trop volumineux non plus. Un bon compromis entre graisse et muscle ». Il faudra également revenir à un travail de récupération, compensé ces dernières années par le gainage de la combinaison. A l’arrivée d’une course, les nageurs en combinaisons sont moins fatigués.
« On ne pourra plus se permettre du surpoids. La force, il en faudra mais il faudra beaucoup de fitness et de l’endurance de force pour finir les courses. On va revoir des athlètes longilignes, fins et affûtés », prévient Frédéric Vergnoux, qui entraîne le vice-champion olympique 2008 du 50m libre, Amaury Leveaux.
Et en 2010, il faudra prendre du plaisir à nager moins vite… « C’est vrai que la combinaison aide à aller plus vite mais aide aussi à plus de spectacle dans l’eau », lance Bousquet, l’un des rares à assumer sa préférence pour la « combi ». « J’ai toujours dans un petit coin de ma tête, un petit grain de folie qui me fait penser que c’est du temporaire ».
afp/rsch / FR
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