Des «radars» d’un nouveau genre empêcheront bientôt tout dépassement de vitesse sur des kilomètres d’autoroutes. L’Office fédéral des routes les testera dès le mois de septembre entre Aigle et Bex. Il espère éliminer les freinages intempestifs à l’approche des radars
Les excès de vitesse ne seront bientôt plus possibles sur l’autoroute. Même pour ceux qui ralentissent à 120 km/h juste à temps, parce qu’ils connaissent l’emplacement de chaque radar fixe, ou parce qu’ils reçoivent une alerte sur leur téléphone mobile en cas de contrôle de police.
Le principe et simple. : peu après l’entrée d’Aigle, des caméras placées sur le portique d’entrée filment toutes les plaques d’immatriculation et enregistrent l’heure du passage ; 8 kilomètres plus loin, le portique de sortie fait de même, ce qui permet de calculer la durée du trajet et donc la vitesse moyenne du véhicule.
Les conducteurs trop rapides sont ensuite photographiés, comme ils le seraient par un flash classique. Les excès de vitesse des motos pourront aussi être constatés.
Après une phase de rodage de deux mois, la police cantonale vaudoise amendera tous ceux qui dépasseront clairement les 120 km/h autorisés. Les données des autres conducteurs, elles, seront effacées dans les secondes qui suivent.
Une autre installation CVT sera installée dans le canton de Bâle-Campagne à l’entrée et à la sortie du tunnel d’Arisdorf, entre Bâle et Berne. Elle contrôlera que la limitation à 100 km/h est respectée dans le tube (direction sud), sur un tronçon de 1,8 kilomètre. L’installation bâloise, dont les travaux sont les plus avancés, sera mise en service quelques jours avant celle d’Aigle.
Toujours cet automne, l’Office fédéral des routes (OFROU) mettra par ailleurs en service un CVT mobile. A ce stade, il est prévu de l’utiliser sur des tronçons d’autoroute en chantier. Le système pourrait toutefois être mis en oeuvre ailleurs, sur les autres routes nationales, n’importe où en Suisse.
Un test à 1,6 million de francs
Ensemble, les trois installations assemblées par le fabricant de radars Multanova, basé à Uster dans le canton de Zurich, coûteront 1,6 million de francs à la Confédération.
Fin 2011, début 2012, un rapport final dira si oui ou non la Confédération entend généraliser le système et placer ce type d’installation un peu partout sur le réseau autoroutier suisse.
Déjà à l’étranger
Le contrôle de vitesse par tronçon existe déjà à l’étranger. Depuis six ans et demi, près de Vienne en Autriche, un tronçon d’autoroute de 7 kilomètres est équipé. Il n’y a plus eu d’accident mortel sur ce trajet depuis son introduction. Cette manière de raisonner les chauffards est également utilisée en Hollande, en Italie et en Grande-Bretagne. L’Allemagne, pour sa part, évalue en ce moment sur quels tronçons elle pourrait tester le système. Les autorités de protection des données y ont vertement critiqué la méthode, qui exige la saisie des immatriculations de tous les véhicules de passage. Même de ceux qui respectent les limitations de vitesse.
lematin.ch / AG


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