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Du nouveau sur l’assassinat des moines de Tibéhirine

Par LEXPRESS.fr, publié le 20/04/2012

Les anciens ministres de la Défense, Charles Millon et des Affaires étrangères, Hervé de Charette ont été récemment entendus dans l’enquête sur l’assassinat des moines de Tibéhirine.

Qui a assassiné les moines de Tibéhirine? Le GIA de Djamel Zitouni, qui revendique l’attentat? Un autre groupe d’extrémistes? Des soldats de l’armée algérienne cherchant à camoufler une bavure? Aucune piste n’est écartée dans l’enquête. Ainsi, les anciens ministres de la Défense, Charles Millon et des Affaires étrangères, Hervé de Charette ont été entendus récemment pour élucider le mystère autour de l’assassinat des moines de Tibéhirine.

Entendu en janvier, Charles Millon, ministre de la Défense dans le gouvernement d’Alain Juppé en 1996, au moment du massacre des sept moines français, a affirmé au juge Marc Trévidic, n’être « au courant de rien », selon cette source confirmant une information du Parisien. « J’ai complètement ignoré le dossier … Nous n’avons jamais eu de suivi particulier de ce dossier avant l’enlèvement des moines, ni pendant, ni après », a-t-t déclaré, selon le procès verbal d’audition cité par le journal.

Nouveau tournant dans l’enquête en 2009

L’enquête sur le massacre des moines de Tibéhirine, qui a privilégié dans un premier temps la piste des GIA (groupe islamique armé) ayant revendiqué l’enlèvement des moines, a été relancée en 2009 avec le témoignage d’un ancien attaché militaire français, le général François Buchwalter, évoquant une « bavure » de l’armée algérienne. L’ex-officier avait assuré au juge en avoir informé les autorités françaises dont l’ambassadeur et le chef d’état-major des armées. « Je ne connais pas le général Buchwalter (…) S’il a fait un rapport, il n’est jamais remonté jusqu’à moi. (…) On ne m’a jamais parlé d’une ‘bavure’ de l’armée algérienne », avait répliqué Charles Millon dans la presse.

Entendu à son tour le 11 avril par le juge Trévidic, Hervé de Charette a confirmé qu’une cellule avait été mise en place au Quai d’Orsay après l’enlèvement des moines mais qu’il ne l’avait présidée qu’une seule fois, selon la source proche du dossier. Hervé de Charette a évoqué toutefois l’intervention d’un émissaire du GIA, le 30 avril 1996. En 2009, l’ancien chef de la diplomatie du président Jacques Chirac avait également assuré n’avoir rien su d’une éventuelle « bavure » de l’armée algérienne.

Marc Trévidic a par ailleurs entendu, fin mars, l’ex-préfet du Var et ancien bras droit de Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani qui avait été chargé d’une mission auprès du GIA. Il a confirmé au juge que la mission avait été décidée par Jacques Chirac pour négocier une rançon, mais que le Premier ministre, Alain Juppé qui n’en avait pas été informé y a mis fin, signant « l’arrêt de mort des moines », selon le témoignage de l’ancien préfet, cité par le Parisien.

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Médecins spécialistes : la grève reprend aujourd’hui

Pas de trêve sociale pour les blouses blanches. Les syndicats de la santé battent le rappel des troupes. Alors que les praticiens spécialistes de santé publique entament leur grève illimitée aujourd’hui même, l’Intersyndicale du personnel de la santé hausse le ton, suivie par d’autres syndicats qui annoncent plusieurs actions de contestation dans les semaines à venir. El Watan, 22 avril 2012

Pour le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), c’est aujourd’hui que le ton monte. Leur grève illimitée commencera donc, malgré les nombreuses menaces et intimidations subies, notamment à travers la décision de justice qui a estimé, encore une fois, que ce débrayage est illégal. «Le secteur de la santé est le seul qui s’acharne autant sur ses syndicalistes», souligne le docteur Yousfi, président du SNPSSP, initiateur de la grève. Une décision de justice qui est loin de faire peur à ces médecins engagés dans la lutte syndicale depuis des années. Ils se disent déterminés à se battre pour obtenir gain de cause, d’autant qu’ils travaillent scrupuleusement, depuis quelques semaines, à unir leurs forces autour de l’Intersyndicale du personnel de la santé créée récemment.

«Encore une fois, la justice est instrumentalisée dans le secteur de la santé pour nous intimider, mais on ne compte pas s’arrêter là. La grève illimitée est lancée et nous irons jusqu’au bout pour une meilleure prise en charge du malade algérien», explique d’un ton plein d’assurance le docteur Yousfi. Et d’ajouter : «Un sit-in est prévu demain près du ministère de la Santé pour afficher notre détermination.» Leurs revendications ? L’amendement du statut, la révision du régime indemnitaire, la suppression des mesures discriminatoires entre les spécialistes de santé publique et ceux de l’enseignement hospitalo-universitaire et de meilleures conditions de travail.

La contestation s’amplifie et s’organise

Les mêmes revendications ont été reprises, à quelques différences près, dans la plateforme de revendications de la nouvelle Intersyndicale du personnel de la santé créée le 4 avril dernier pour réunir les quatre syndicats du secteur : Syndicat nationale des psychologues (Snapsy), Syndicat de l’enseignement paramédical, Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP). La plateforme de revendications de l’Intersyndicale comprend plusieurs points, dont le droit à une meilleure prise en charge du patient, l’amendement des statuts, la révision du régime indemnitaire spécifique et la promulgation du régime global, mais aussi et surtout le respect des libertés syndicales.

Pour ce dernier point, une série d’actions a été décidée, notamment la saisine d’instances internationales comme le Bureau international du travail (BIT). Des actions de rue et une grève générale sont également prévues. Le secteur de la santé, marqué par de nombreux dysfonctionnements dont l’interminable pénurie de médicaments et la mauvaise prise en charge des patients, particulièrement les cancéreux, ne semble pas près de sortir de la crise.
Bouredji Fella

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Tunisie, est-ce que tout est joué ?

Hassane Zerrouky • Le Soir (Algérie)
C’est tout le paradoxe de cette révolution tunisienne qui a vu un parti Ennahda s’emparer d’une révolution faite par des jeunes au nom d’idéaux démocratiques et progressistes.

Les résultats partiels rendus publics par la commission électorale confirment, certes, la poussée islamiste, mais Ennahda, qui récolterait 40% des voix s’adjugerait entre 65 et 70 sièges sur les 217 en lice, n’aura donc pas une majorité suffisante pour gouverner et devra nouer des alliances avec des partis non islamiques, de gauche, principalement avec le Congrès pour la République (CPR) de Moncef Marzouki et Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés) de Mustapha Benjaafar, qui auraient obtenu entre 15 et 16% de voix chacun. En acceptant de former avec Ennahda un gouvernement d’union nationale, ces deux partis lui ont apporté cette caution démocratique qui lui manquait. Et dès hier, les discussions entre les trois partis ont commencé.

Non sans arrière-pensées politiciennes. En contre-partie de ce soutien inattendu, Mustapha Benjaafar escompte se faire élire chef de l’Etat par l’Assemblée constituante, alors que durant la campagne électorale, il avait plus d’une fois écarté toute alliance avec les islamistes. Autre paradoxe, il se pourrait que l’Assemblée constituante soit dominée par les partis de gauche et non islamiques. En effet, outre le CPR, Ettakatol, le Parti démocratique progressiste (PDP) de Maya Jbiri, qui aurait obtenu entre 8 et 10% de voix, le Pôle démocratique moderniste (PDM) qui a franchi la barre des 5%, le PCOT (Parti communiste ouvrier tunisien) de Hamma Hemami qui a récolté quelques sièges, totaliseraient ensemble plus de voix qu’Ennahda.

On aurait donc une Assemblée constituante dominée par les partis de gauche et progressistes. De ce fait, le parti islamique n’aura peut-être pas les coudées franches pour faire ce qu’il veut. La rédaction de la nouvelle Constitution ne sera pas une tâche facile pour lui. La question est donc de savoir, dans le cas où cette Assemblée venait à refuser ses propositions, si Ennahda serait tenté de passer en force en faisant appel à la rue. Plusieurs de ses dirigeants ont d’ailleurs laissé planer une telle possibilité. «Si la Constituante n’honore pas ses engagements, le peuple y répondra par le slogan “Dégage”» a menacé Noureddine Bhiri, président du bureau politique du parti.

Autrement dit, il n’exclut pas de faire appel à la rue pour imposer ses vues. Si c’est vraiment le cas, il lui faudra compter avec tous ces jeunes, les vrais acteurs de la révolution du 14 janvier, et les femmes, décidés à ne pas se laisser déposséder de leur révolution et des acquis de la modernité. Car s’il y a une chose qui semble acquise, c’est que les Tunisiens ne se sont pas débarrassés d’une dictature pour la remplacer par une autre. Ennahda, dont les statuts ne font aucune référence à l’islam, et qui s’est engagé à respecter le statut de la femme, à ne pas remettre en cause l’interdiction de la polygamie, sait qu’il est attendu au tournant. Il sait surtout que rien n’est encore joué. Il va donc agir avec prudence afin de ne pas heurter frontalement cette partie des Tunisiens qui lui est hostile. Outre la rédaction de la nouvelle Constitution et son adoption par une Assemblée nationale dont une partie importante des députés ne lui est pas acquise d’avance, la priorité d’Ennahda, qui a promis beaucoup de choses sur le plan socio-économique, dont un revenu national par habitant de 1 000 euros, et d’accepter l’alternance au pouvoir, sera de consolider son pouvoir et de ne pas décevoir ceux qui ont voté pour lui. Dans un an, ce sera les élections législatives et Ennahda espère bien les remporter afin d’asseoir durablement son pouvoir.
H. Z.

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Contes de la barbarie ordinaire

Fifi ABOU DIB • L’Orient le Jour (Liban)

En effet il y avait urgence. À peine confirmée la libération de la  Libye avec la mort de Kadhafi, le chef du CNT déclarait nulle et non  avenue toute loi qui « violerait » la charia et donnait en exemple celle  portant sur la polygamie.

Pendant le règne du tyran, la polygamie était  légale sous certaines conditions, telles que l’accord de la première  épouse ou la capacité du polygame à subvenir aux besoins de plusieurs  familles. Eh bien, les Libyens peuvent se réjouir : l’islam n’imposant  aucune condition dans ce contexte, la polygamie ne nécessitera plus  d’examen de passage. Si ce n’est pas un progrès ! Cela va bientôt  s’inscrire au nouveau chapitre des droits de l’homme. Sur les droits de  la femme, rien n’a encore filtré.

Kadhafi a été traqué, malmené, humilié. Lynché. Les jours qui ont précédé sa mort, il se terrait dans Syrte, occupant des maisons abandonnées, se nourrissant de pâtes trouvées dans les placards des anciens habitants. Presque la même fin que Saddam Hussein, sauf que le dirigeant libyen était, lui, incongrument et soigneusement rasé. Signe qu’il s’accrochait à une certaine dignité. Sans doute y avait-il une sorte de logique dans cette mort fauve aux relents de curée. La barbarie de ses bourreaux exprimait une haine archaïque, bien au-delà de l’aversion qu’on peut avoir pour un ennemi ordinaire. Plus fort que le souvenir de l’injustice qu’il a pu exercer, l’histoire gardera de lui cette image très « graphique » comme on dit sur YouTube des vidéos aux contenus violents.

Enfin, il est mort, paix à toute âme, la sienne comme les autres, et cette fin ne surprend ni ses victimes ni ses obligés. Tous l’ayant souhaitée de concert, il ne pouvait en être autrement. C’est une fin de dictateur, comme celle de Mussolini, d’Hitler ou de Ceausescu. Moi, c’est l’histoire de Yue Yue qui me tourmente. Yue Yue avait deux ans. Elle traversait en regardant du mauvais côté une ruelle étroite dans un marché en Chine. Une camionnette l’a renversée, le conducteur s’est enfui. C’est choquant, mais ça peut arriver. La suite est pire. Un passant, deux passants, dix passants contournent le petit corps encore en vie, sans s’arrêter. Une autre camionnette lui passe dessus sans états d’âme. Huit nouveaux passants, et personne ne s’arrête. C’est une ramasseuse d’ordures qui la retire enfin de la chaussée. La Chine, 1.33 milliards d’habitants…et des poussières. Yue Yue faisait partie des poussières. La Chine, inquiète, se penche sur le dysfonctionnement de son tissu social. C’est l’humanité entière qui devrait s’interroger sur sa déshumanisation.

À qui Abdeljalil cherchait-il à plaire avec ce premier discours où il se hâtait d’étendre le domaine de la sexualité masculine, avec ses insinuations sur la polygamie ? Combien de morts pour cette magnifique réalisation ? Pourquoi ne s’est-il trouvé personne pour sauver Yue Yue ? Sans compassion, sans empathie, sans la notion de l’autre, sommes-nous encore capables de réaliser un printemps ?

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Week-end fructueux pour le snowboard helvétique

L’équipe suisse de snowboard aurait difficilement pu rêver mieux pour clore la saison. En effet, la Bernoise Fränzi Märget-Kohli s’est imposée dimanche sur le slalom géant d’Arosa, tandis que Nevin Galmarini terminait troisième chez les hommes.

C’est dans la station grisonne d’Arosa que se sont déroulées dimanche les finales de Coupe du monde de snowboard, avec comme discipline le slalom géant parallèle. Gagnante de cette épreuve, la Suissesse Fränzi Märgert-Kohli a remporté l’or devant la grande dominatrice de la saison, Ekaterina Tudegesheva.

La chance du bon côté

Si notre suissesse, native de Thoune, a pu remporter ces finales, c’est que la chance était de son côté. Son adversaire russe a en effet essuyé une chute lors de la première manche, lui permettant ainsi de prendre la tête. «  Cette finale est un reflet de la saison. La leader du classement contre la No 2 », confie Fränzi, ravie de la tournure qu’a pris cette course.

Les garçons ont aussi eu des raisons de se réjouir. C’est le Saint-Gallois Nevin Galmarini qui a terminé premier chez les suisses, décrochant la troisième marche du podium. En première place se trouvait l’autrichien Andreas Prommegger, avec derrière lui l’italien Roland Fischnaller.

Et un triplé pour la route !

Mais ce n’est pas tout ! Samedi dernier s’est aussi déroulé dans le même cadre la finale de Coupe du monde de half-pipe chez les messieurs. Là encore, l’équipe nationale a frappé fort. Le podium était de ce fait uniquement aux couleurs helvétiques. C’est le Zurichois Iouri Podladtchikov qui a finalement fait la différence, malgré une chute lors de son premier run. Il était suivi de près par ses jeunes compatriotes, Jan Scherrer et Patrick Burgener, tous deux âgés de 16 ans. « Je croyais que Jan allait gagner, a avoué Podladtchikov. Je pense qu’il a été meilleur techniquement, mais j’ai peut-être sauté avec un peu plus d’amplitude. »

Elsa Jaquet

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La journée mondiale de l’eau, le saviez-vous?

Et oui, ce mardi, comme tous les 22 mars de chaque année, on célébrait la Journée Mondiale de l’Eau ! Mais d’où vient cette journée consacrée à l’eau et que ce passe-t-il réellement ce jour-là ?

La Journée Mondiale de l’Eau a été instituée par l’Organisation des Nations Unies après le sommet de Rio au Brésil en 1992. Cette résolution invite les États à consacrer ce jour selon le contexte national, en concrétisant des actions telles que la sensibilisation du public par des publications, des diffusions de documentaires, l’organisation de conférences, de tables rondes, de séminaires et d’expositions liés à la conservation et au développement des ressources en eau. Chaque année un nouveau thème est proposé. Après les sujets tels que « Eau et santé » en 2001, « L’Eau et les désastres » en 2004  ou encore « De l’eau propre pour un monde sain » en 2010, l’année 2011 a eu pour thème « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain ».

Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale vit dans les villes. On s’attend à une croissance démographique très importante dans les pays en voie de développement, où chaque mois, 5 millions de personnes s’installent en ville. Entre 2000 et 2030, la population urbaine en Afrique et en Asie va ainsi doubler. En sachant que 141 millions de citadins n’ont pas accès à l’eau potable pour boire et qu’un sur quatre, soit 789 millions de personnes, n’a pas accès à des infrastructures d’assainissement améliorées, on comprend que la situation est urgente !

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2011, les actions menées visaient donc à attirer l’attention internationale sur les impacts de cette croissance urbaine rapide, de l’industrialisation et des incertitudes liées au changement climatique, aux conflits et aux catastrophes naturelles, sur les réseaux d’eau urbains.

Ce jour-là a également la date du coup d’envoi de l’Expérience de chimie mondiale. Tous les élèves du monde entier sont invités à tester de manière scientifique la qualité de l’eau qui les environne. Cette initiative a déjà commencé au Cap en Afrique du Sud, où un millier d’élèves, âgés de 15 à 18 ans, ont testé la salinité, l’acidité… de leur eau. Une fois les tests réalisés, ils ont ensuite pu reporter les résultats sur une carte interactive en ligne. Cette opération va être étendue aux établissement scolaires du monde entier.

Mathilde Zufferey

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Pocodot.com, l’explication!

Comme beaucoup de gens, vous regardez des vidéos musicales sur youtube, dans le genre Black Eyed Peas ou Rihanna… En lisant les commentaires, vous tombez sur un avis un peu spécial qui fait l’éloge d’un site… Pocodot, késako ? Intrigué, vous vous rendez sur la page d’accueil dudit site, qui ne dit pas grand-chose sur la finalité de pocodot. Mais, en regardant une autre vidéo, vous tombez sur un autre commentaire, toujours à propos de pocodot… « Ne vous inscrivez pas ! Tous ces commentaires sont des faux, ce sont des spams ! Si vous vous inscrivez, vous ne pourrez plus jamais supprimer votre compte sur podocot.com, et des virus contamineront votre ordinateur ! »

En fait, pocodot est un « Facebook-killer ». En effet, avant l’ère Facebook, c’était MySpace le réseau social numéro un. Depuis, Facebook l’a détrôné. Le but de pocodot ? Détruire Facebook en attirant les gens sur leur site… dont l’interface ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Facebook ! Et les commentaires que vous lisez sur youtube sont un coup de marketing ! Ce sont des spams, qui cherchent à attirer les gens sur le site, en disant qu’ils peuvent être en contact direct avec des stars, comme Lady Gaga ou Fergie, et même parler avec elles !

Des personnes sont payés pour écrire des commentaires sur youtube et les aimer, afin que tout le monde les voient. Plusieurs personnes ont essayé de prévenir les utilisateurs de youtube, en écrivant des commentaires contre pocodot, qui étaient systématiquement ‘dislike’ par les personnes payés par pocodot. Résultat : les commentaires qui étaient positifs à propos de pocodot étaient les plus populaires… et personne ne pouvait être au courant de ce qu’est réellement ce site puisqu’ils disparaissaient au bout d’un moment !

Pocodot aurait été créé pour lutter contre Facebook et son invasion de la vie privée… Mais, sur pocodot, votre e-mail et votre mot de passe deviennent la propriété de pocodot, qui peut l’utiliser à sa guise. Si vous mettez votre numéro de téléphone, vous recevrez plein d’appels publicitaires…

 Ainsi, pour lutter contre Pocodot : déjà, ne pas créer de compte, car vous recevrez plein de spams (50 mails par heure…), des virus contamineront votre ordinateur, et surtout… vous ne pourrez plus jamais supprimer votre compte ! De plus, signalez comme spam  les commentaires positifs à propos de pocodot sur youtube !

Lauriane Laville

Sources : http://blogote.com/2011/internet-sites/what-is-pocodot-com-asks-youtube-users.html

http://www.youtube.com/watch?v=OXN1N4vqtT4&feature=related

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Une classe valaisanne à New York grâce à un concours de la TSR: « On arrive pas encore à y croire! »

 Ils ont entre 16 et 18 ans et sont déjà des traders en herbe ! Dix élèves de la classe 4H Economie du Collège de la Royale Abbaye à Saint-Maurice (Valais) ont  gagné le concours dans la catégorie Ecole de l’émission Toutes Taxes Comprises sur la TSR . Le concours  consistait à optimiser un portefeuille, en jouant sur des titres boursier durant une période de trois mois avec une somme d’argent fictive mais en utilisant les réelles valeurs boursières… Ces étudiants ont notamment battu l’Haute Ecole de Gestion de Genève et le Collège du Bugnon. Ils s’envoleront pour New York au début du mois d’avril…

Lorsque leur professeure d’économie, Dorothée Raymond, en parle pour la première fois, le concours de TTC ne suscite pas un grand intérêt. Mais, Loris Michielan, un élève de la 4H, décide d’inscrire, au dernier moment, sa classe au concours de TTC. « On avait rien à perdre. » Il ne s’imagine pas que quelques mois plus tard, lui et ses camarades termineraient à la première place du concours. D’autant plus méritoire aucun professeur ne les a aidés.  De plus, ils n’avaient presque aucune connaissance de la bourse, ce sujet étant étudié en dernière année de maturité.

Tous les matins, les étudiants parlaient ensemble des mouvements à faire durant la journée, s’il fallait acheter des actions, ou en vendre. Sven Rossier, le « chef des opérations », explique ainsi qu’au début, ils achetaient des titres sans savoir pourquoi, que ces titres augmentaient, et que finalement ils ont fini premiers. Il raconte aussi que presque aucun de leurs professeurs ne savait qu’ils participaient à ce concours, et qu’ils demandaient conseils à certains de leurs parents actifs dans le milieu et auprès d’une grande banque suisse. Pascal Vigolo avoue que la bourse est quelque chose de très complexe, et qu’une part de chance a joué dans leur victoire. Même si au début, tout le monde n’était pas intéressé par le concours, Pauline Gex dit qu’au fur et à mesure que le concours avançait, sa classe a commencé petit à petit à devenir accro ! « Dès qu’Internet était accessible, on se ruait sur le site pour voir les changements ! » A la fin des trois mois que duraient le concours, c’était le stress. L’écart entre leurs principaux adversaires était mince… Pauline retrace la fin du concours : « C’est sûr que la chance nous a aidé…Jusqu’au dernier jour, nous n’étions pas sûr de gagner, même si on avait été premier quasiment tout le long du concours. Tous les titres que nous possédions chutaient et nous ne savions pas ou en étaient les deuxièmes ! Le dernier soir, tout le monde stressait, et on était tous sur Internet, à suivre l’évolution du concours ! Et finalement, nous avons gagné ! »  Leurs familles étaient fières mais également très surprises… Sven décrit la réaction de ses parents : « Ils étaient fiers de moi se disant qu’ils avaient joué un rôle dans cette victoire. Ils ont également été contents que ce concours se termine, car je passais beaucoup de temps pour cela, et que mes devoirs et autres activités s’en voyaient affectés. » Un bémol tout de même : seuls 10 étudiants sur les 19 que compte la 4H Economie partiront pour New York. En effet, un maximum de 10 élèves par classe étaient admis par le règlement du concours.

Et le passage à la télévision du lundi 20 décembre ? « Finalement, ce n’est pas pire que passer devant sa classe pour un oral… », dit Loris. « Ce passage à la télévision nous a permis de comprendre le fonctionnement d’une émission comme TTC, d’ailleurs, ce n’est pas toujours bien organisé sur le plateau ! Mais c’était une expérience vraiment intéressante ! » relate Pauline. Après leur passage, ils ont même eu un apéro dans un lounge de la TSR…

Tous se réjouissent de visiter Wall Street, d’aller voir un match de NHL, la statue de la Liberté et l’Empire State Building, et d’évidemment d’aller faire un peu de shopping… 
« C’est incroyable et franchement, j’arrive pas encore à y croire ! « , s’exclame Pauline.

 Bon alors, les OS Economie-Droit du Collège du Sud,  tentés par un petit séjour dans la ville qui ne dort jamais?

Lauriane Laville

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Knut, le célèbre ours polaire est mort!

Agé de 4 ans seulement, l’ours polaire Knut du zoo de Berlin, une célébrité internationale, est mort subitement samedi après-midi.


Knut, la mascotte du zoo de Berlin est décédé samedi vers 15h. Il s’est effondré dans le bassin alors qu’il se trouvait seul dans son enclos. « Tout le monde est sous le choc », a déclaré Claudia Bienek, la porte-parole du zoo de Berlin. Et oui, ce petit ours n’avait que 4 ans alors que les ours polaires ont une espérance de vie de 35 ans. La cause exacte de son décès reste mystérieuse. Les premiers résultats d’une autopsie ont cependant stipulé des déformations cérébrales.

Né le 5 décembre 2006, l’ours polaire le plus célèbre du monde avait aussitôt été abandonné par sa mère. Tout rond, si mignon, il avait le poil aussi blanc que la banquise qui aurait dû le voir naître. Cette vraie peluche de rêve, mitraillée par les photographes, fit rapidement la une des médias. Il devint une mascotte qui rapportait gros au zoo. Sa naissance avait créé un engouement tel que l’établissement avait déposé le nom « Knut » comme marque commerciale. Grâce à lui, les actions du zoo à la Berliner Börse avaient doublé en une semaine.

Depuis de longs mois, l’animal avait pourtant perdu son statut de star. Knut grandissait et ressemblait de moins en moins à une peluche. Son pelage, devenu jaunâtre, avait perdu la blancheur immaculée des débuts. Empâté et maltraité par ses compagnons de captivité, il donnait même des signes de dépression. Oui, Knut était devenu moins cute. Le public s’était peu à peu désintéressé de lui et le zoo envisageait de s’en séparé.

Mardi matin, le zoo de Berlin a annoncé son intention de construire un monument à la mémoire de cet ours polaire, en lançant un appel aux dons pour financer la sculpture. N’est-ce pas totalement absurde de demander de l’argent pour cette peluche lorsqu’on a conscience de la misère de certains pays? L’association de défense des droits des animaux PETA souhaite également que Knut ait une plaque commémorative sur la porte de Brandebourg.

Mathilde Zufferey

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1939-1945: ce que savaient vraiment les Suisses sur la Shoah

Cela remonte à près de seize ans. En ce 7 mai 1995, Kaspar Villiger fait face à l’Assemblée fédérale. Visiblement tendu. Le président de la Confédération de l’époque sait que le moment est grave. Lui, le radical lucernois, le chef du Département militaire, s’apprête à s’excuser pour ce tampon «J» apposé dès 1938 sur les passeports des Juifs allemands avec l’appui d’un Conseil fédéral unanime.
«Auschwitz… Il s’agit de ce camp de concentration de Haute-Silésie où – c’est ce qu’un bref communiqué publié dans nos journaux, il y a quelques mois, nous apprenait – l’on mettait des détenus dans des chambres à gaz. De telles horreurs nous paraissaient inconcevables. Or, aujourd’hui, des détails parviennent qui ne laissent plus aucun doute à ce sujet.» La Gazette de Lausanne, 1er février 1945, qui décrit ensuite avec force détails le fonctionnement du camp.

Kaspar Villiger a compris qu’il est temps que la Confédération reconnaisse ses manquements alors que l’humanité commémore le cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle devait reconnaître sa culpabilité ou, du moins, sa «capitulation morale» face aux nazis, comme l’a dénoncé l’historien André Lasserre.

Villiger évoque alors «un cheminement hasardeux» et des «zones d’ombre» en pesant chacun de ses mots. «Nous avons autrefois fait le mauvais choix au nom d’un intérêt national pris dans son sens le plus étroit», poursuit-il. «Le Conseil fédéral regrette profondément cette erreur et tient à s’en excuser, tout en restant conscient que pareille aberration est en dernier lieu inexcusable.»
Mais était-ce la seule compromission que la Suisse accepta pendant le génocide des Juifs qui vit six millions de personnes disparaître dans la folie nazie? Pour l’historien Daniel Bourgeois, la Confédération fut «à la fois complice active avec sa politique de refoulement et quand même samaritain».
Complice pour avoir refusé l’entrée à plusieurs milliers de personnes fuyant l’enfer nazi alors qu’une autre politique était possible. Et samaritain parce que, à la fin de 1944, la Suisse était le pays qui abritait le plus grand nombre de réfugiés juifs par rapport à sa superficie: plus de 27 000 dont 21 500 entrés illégalement. En comparaison, les USA n’en avaient accueilli que 21 000 contre 40 000 pour la Hollande (avant son invasion en 1940) et 70 000 pour la France (de 1933 à 1939).
Complice, samaritain… L’Hebdo replonge dans cette page sombre de notre histoire nationale en marge de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, le 27 janvier 1945, et de la Journée internationale dédiée à la mémoire de l’Holocauste.

01 Que savaient les autorités de la Shoah?

«Si on avait su d’emblée ce qui se passait en Allemagne…» Interrogé après la guerre sur le refoulement des réfugiés juifs qui fuyaient les persécutions allemandes, Eduard von Steiger se demanda alors ce que, lui, l’ancien conseiller fédéral du Parti des paysans, artisans et bourgeois (dont est issue l’Union démocratique du centre), l’homme qui avait détenu les clés des frontières en tant que chef du Département de justice et police, aurait fait s’il avait su.
S’il avait su que, dès le début de l’invasion de l’URSS en 1941, les escadrons de la mort nazis, les Einsatzgruppen, massacraient par centaines de milliers les Juifs soviétiques. S’il avait su que la mort moissonnait quotidiennement des centaines de personnes dans les ghettos de Pologne et que les nazis planifiaient dès la fin 1941 leur solution finale à la question juive.
Le problème, c’est que von Steiger, le reste du Conseil fédéral, la tête de l’armée ainsi que de nombreux hauts fonctionnaires étaient bien informés «sur le programme d’anéantissement des nazis». Mieux en tout cas qu’ils ne l’ont prétendu après le conflit.
Car, malgré le pesant secret imposé par les Allemands autour du grand massacre, les informations circulaient dans cette Europe occupée, notamment grâce aux diplomates suisses. Le consul général de Suisse à Cologne, Franz Rudolf von Weiss fut par exemple un des premiers, avec René de Weck, ministre de Suisse à Bucarest, à tirer la sonnette d’alarme: «Le traitement qui est réservé aux Juifs de l’Est dépasse toutes descriptions», écrit-il à la fin de 1941 à Berne. «Ils meurent de faim littéralement comme des mouches.»
D’autres sources, notamment des déserteurs de la Wehrmacht témoignent des massacres à grande échelle alors que, le 24 novembre 1941, Paul Ruegger, ministre à Rome, écrit à Marcel Pilet-Golaz, notre ministre des Affaires étrangères. Son message est clair: les Allemands mettent en place une «extermination biologique d’une grande partie des populations occupées».
Ainsi, lorsqu’en août 1942 les autorités fédérales décident de boucler les frontières, en prenant bien la peine de préciser que les Juifs ne doivent pas être considérés comme des réfugiés politiques, elles savent pertinemment que leur refoulement peut «entraîner des conséquences graves pour les étrangers concernés (danger pour leur intégrité physique et leur existence)», comme le note Heinrich Rothmund, le chef de la Division fédérale de police qui évoque dès 1943 l’existence de «camps d’extermination» dans ses rapports. Mais rien n’y fait.
Ni les suicides de mères juives se jetant dans le Rhin pour ne pas tomber dans les griffes des SS. Ni les protestations de familles établies en Suisse. Ni l’argent placé dans les banques à croix blanche. Ni l’activisme des organisations humanitaires et religieuses, qui firent de leur mieux pour accueillir dignement les 21 500 Juifs ayant réussi à passer les barbelés de nos frontières. Parfois grâce à la mansuétude d’un douanier ou d’un militaire qui préféra détourner le regard.
Quant au nombre des refoulements de Juifs et de non-Juifs – 24 500 selon une étude des Archives fédérales citée par la commission Bergier –, il est encore aujourd’hui impossible à quantifier. D’une part, une personne refoulée pouvait tenter plusieurs fois sa chance.
Ensuite, tous les cas n’étaient pas répertoriés et les archives ont souvent disparu après la guerre. Ce qui fit dire à Serge Klarsfeld que «la Suisse a sans doute refoulé moins de Juifs que la rumeur ne le dit.» Le chasseur de nazis estime leur nombre à 5000, dont un dixième seulement auraient été ensuite envoyés en camps d’extermination.

02 La barque était-elle pleine?
Pourquoi la Suisse officielle, qui savait ce qui se passait avec les Juifs, n’a-t-elle rien fait? Pourquoi le Conseil fédéral, qui proclame souvent sa compassion pour les victimes de la guerre, affirme-t-il en août 1942 que les persécutions raciales ne justifient pas l’asile politique pour les juifs? Pourquoi, à la différence de la Suède qui a montré plus d’humanité dès 1942, l’année du grand massacre qui verra plusieurs millions de Juifs disparaître dans les flammes de la «catastrophe», la Confédération a-t-elle attendu juillet 1944 pour changer sa politique? La réponse du Conseil fédéral est sans détour: «L’embarcation de sauvetage est déjà lourdement chargée», déclare von Steiger en août 1942. «La barque est pleine», renchérit Rothmund et son ravitaillement tout juste assuré.
Et quand des voix s’élèvent en septembre 1942 sous la Coupole fédérale lors d’un débat sur la politique d’asile – le libéral bâlois Albert Oeri déclare à cette occasion que «notre barque n’est pas encore trop pleine, elle n’est même pas remplie» – la réponse des partis au pouvoir et de la majorité des élus est très claire. De nouveau. La Suisse doit répondre aux sollicitations étrangères par un «égoïsme sacré», plaide le conseiller national catholique conservateur lucernois Heinrich Walther.
La Confédération s’est également défendue après coup en expliquant qu’elle était encerclée et qu’elle avait peur d’une réaction des nazis, voire d’une invasion. L’argument, une nouvelle fois, ne tient pas. Pilet-Golaz le reconnaît d’ailleurs en septembre 1942.

Il n’y a aucune intervention extérieure pour que la Suisse ferme ses frontières. D’autant moins d’ailleurs que l’économie helvétique fournissait des prestations très utiles au Reich, remarque Marc Perrenoud, historien et ancien conseiller scientifique de la commission Bergier. Alors pourquoi? «Il faut croire que les autorités ont jugé la présence des réfugiés dangereuse pour l’équilibre interne du pays», répond Pietro Boschetti. Et même pour sa sécurité.

L’armée estimait en effet que ces réfugiés étaient une menace et qu’ils devaient être traités comme des ennemis. On avait même prévu d’utiliser des gaz de combat pour les chasser. Il y avait aussi la crainte d’une surpopulation étrangère et la peur d’une influence judéo-bolchévique, celle-là même qui aurait provoqué la grève générale de 1918.
Autre argument, moins avouable celuilà: l’antisémitisme ambiant. «Nous n’avons pas lutté pendant vingt ans grâce à la Police des étrangers contre la surpopulation étrangère et tout particulièrement contre l’enjuivement de la Suisse pour nous laisser forcer par les immigrants», écrit Rothmund à un diplomate en poste.
«L’antisémitisme déclaré ou oblique qui imprègne une importante partie de sa population et surtout sa classe dirigeante, qui n’hésite pas à exhiber des certificats d’aryanité pour défendre ses intérêts économiques dans les territoires contrôlés par l’Allemagne, l’empêche d’être à la hauteur de la mission humanitaire très haute qu’elle aime à se donner», résume Daniel Bourgeois.
La preuve: en 1943, le secrétaire du Département vaudois de la justice propose de marquer les réfugiés juifs hébergés dans les camps par un signe cousu sur les vêtements. Il craint des contacts sexuels entre juifs et chrétiens…

03 Que savait le CICR?

Grâce à ses délégués et à ses collaborateurs, le CICR disposait de nombreuses informations sur les persécutions antisémites. «Le vice-président Carl Jacob Burckhardt était au courant grâce à son réseau de contacts internationaux. Mais la prudence, l’incrédulité, le scepticisme ont dominé», relève Marc Perrenoud. Ainsi qu’une fâcheuse tendance à ne pas vouloir froisser les Allemands comme ce fut le cas avec le «non-appel» du 14 octobre 1942 contre les violations du droit des gens.
Ce texte prudent qui voulait empêcher l’extermination des juifs dans les camps de concentration aurait dû être envoyé à tous les belligérants. Mais Burckhardt, Edouard de Haller, le délégué du Conseil fédéral aux oeuvres d’entraide internationale, et le conseiller fédéral catholique conservateur Philippe Etter, le représentant du gouvernement au CICR, réussirent à torpiller le projet.
«Au-delà de la raison invoquée (risque de mettre en danger l’action du CICR dans son domaine de compétence), on ne saurait écarter dans cette décision ni le poids de l’idéologie de Burckhardt, bien ancrée dans la révolution conservatrice, ni celui de sa stratégie personnelle visant à être l’artisan d’une paix entre l’Allemagne et les Alliés occidentaux», souligne Daniel Bourgeois.

04 Pourquoi la population n’a-t-elle pas réagi?

En 1943, le président du synode de l’Eglise réformée de Zurich dénonce publiquement le refus d’accueillir des réfugiés juifs. Pour lui, il entraîne la «coresponsabilité de la Suisse dans leur anéantissement». Ainsi, malgré les efforts des autorités fédérales pour cacher les rapports alarmistes en provenance de l’Est, malgré leur mutisme, malgré la prudence diplomatique, malgré la censure, les informations circulent. Souvent sous le manteau, remarque Daniel Bourgeois.
Et parfois, elles sortent dans la presse. Ainsi le journal de Peter Surava, Die Nation-La Nation décrit, le 13 août 1942 sur deux pages, la situation des Juifs en Pologne et mentionne l’extermination de 700 000 personnes depuis le début de la guerre. Le 13 août 1942, La Sentinelle, l’organe romand du Parti socialiste, dénonce la rafle du Vél’d’Hiv’ sous le titre «Une Saint-Barthélemy moderne à Paris» avant de dénoncer, quatre jours plus tard, le refoulement des «centaines et des centaines de pauvres diables qui croyaient trouver chez nous le salut sont renvoyés en enfer.
Pour d’aucuns, c’est la mort», s’indigne Paul Graber, son rédacteur en chef. Cela lui vaudra d’être maintes fois averti et censuré par la Division presse et radio qui s’efforça de dissuader les journaux d’évoquer les atrocités et les refoulements afin de couper court à toute propagande étrangère. Reste que la population suisse a peu réagi. Pourquoi? «Elle était préoccupée par les difficultés et les angoisses provoquées par la guerre», répond Marc Perrenoud.

05 Qui sont ces Suisses qui ont sauvé des Juifs?

Ils s’appellent par exemple Emile Barras, Elisabeth Eidenbenz, Jean Bovet, Anne-Marie Imhof-Piguet, Albert Gross, Harald Feller ou Rosa Näf. Ils sont Bernois, Fribourgeois, Vaudois ou Zurichois. Ils sont ouvriers agricoles, diplomates, infirmières, curés, instituteurs ou policiers. Et il y a autant de femmes que d’hommes.
Au péril de leur vie le plus souvent, ces Suisses ont sauvé l’honneur de leur pays en venant en aide à des réfugiés juifs. Certains les ont laissés passer la frontière, comme Paul Grüninger, le chef de la police saint-galloise qui fut licencié, condamné pour ce manquement à ses devoirs avant d’être péniblement réhabilité à titre posthume en 1995, ou Anton Bühler, secrétaire du Département grison de justice et police, qui ne fut, lui, ni inquiété ni sanctionné.
D’autres ont généreusement distribué des visas helvétiques. Ce fut le cas d’Ernest Prodolliet, responsable du bureau des passeports de l’agence consulaire de Bregenz, qui se lança dans d’autres actions de sauvetage, écrit François Wisard: «Passage de la frontière en emmenant dans sa voiture un réfugié sans visa, intervention auprès d’un douanier pour qu’il laisse entrer un médecin juif, tentative de franchir clandestinement la frontière avec un réfugié.»
Il y eut aussi Carl Lutz, le consul de Suisse à Budapest qui, aidé par son épouse Gertrud, a contribué à sauver plus de 62 000 Juifs hongrois en leur délivrant – contre l’avis de Berne – des sauf-conduits. En tout, une soixantaine de Suisses ont reçu le titre de Juste parmi les nations décerné à 23 226 personnes dans le monde par Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, poursuit François Wisard avant d’insister sur le fait que leurs actions «ont été individuelles, ou seule une désobéissance aux instructions reçues de Suisse les a rendues possibles».

Patrick Vallélian / 20 janvier 2011 / L’Hebdo

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