Posted on 09 mars 2011.

Hawaï, une destination qui en fait rêver plus d’un. Leandro Glardon, en troisième année de l’école de commerce, s’est rendu durant le mois d’octobre sur l’île de Maui, non pas pour se dorer au soleil avec un cocktail exotique à la main, mais pour participer aux championnats du monde de triathlon. Voici le feed-back livré par ce grand athlète sur sa course.
-Dans l’ensemble, comment s’est déroulé ta course ?
Plutôt bien. Je suis content des temps que j’ai réalisés dans chaque discipline. Cela correspondait plus au moins à ce que j’espérais. En natation, je ne suis pas parti trop vite pour ne pas me mettre dans le rouge. J’ai nagé les 1500 mètres pour moi. À la sortie de l’eau, je me trouvais dans le premier peloton d’athlètes, donc entouré que de professionnels ce qui était très motivant. J’étais à ce moment-là classé 25ème sur les 650 participants.
La partie à vélo a été la plus dure et la plus longue. Elle a duré 2h02 pour moi. Durant cette étape, j’ai vraiment souffert de la chaleur et mon vélo n’était pas adapté au terrain. Il était trop rigide, mes pneus trop gonflés donc je rebondissais sur tous les cailloux et mon adhérence était très mauvaise. J’ai perdu beaucoup de temps, entre 10 à 15 minutes, notamment dans les descentes où je devais minimaliser ma vitesse.
J’ai donc commencé la course à pied très fatigué et avec des crampes. À plusieurs reprises je me suis arrêté pour faire du stretching, mes mollets me brûlaient. Des supporters se sont mis à m’encourager mais la déception de voir tant de concurrents me dépasser était trop grande. Le moral au plus bas, je ne voulais qu’une chose : arrêter. J’ai quand même continué, les crampes sont passées et j’ai pu à nouveau accélérer. Mais l’énergie manquait, je n’avais plus de force ; j’ai donc fini ma course au mental.
-Au final, tu termines avec une 6ème place, un excellent résultat, non ?
Oui c’est vraiment bien, j’étais très content. Pour mes premiers championnats du monde, c’est très satisfaisant.
-Quelle a été ton impression à l’arrivée après tant d’efforts ?
La première chose que je me suis dit c’est que j’avais fait une belle course vu les conditions et les problèmes que j’avais rencontrés. Honnêtement, je n’aurais pas pu faire mieux. J’ai été au bout de moi-même.
-Qu’as-tu fait dans les 2 minutes qui ont suivi la fin de ta course ?
J’étais couché par terre, plus lucide du tout. Après avoir passé la ligne d’arrivée, des personnes m’ont assis au sol. J’y suis resté à peu près 15 minutes, le temps de reprendre mes esprits, manger et boire. J’étais physiquement à bout.
-Hawaï, une destination de rêve pour les vacanciers, mais pas un peu chaude pour des sportifs ?
Oui, la chaleur était l’un des facteurs les plus importants pour nous. Je me suis donc rendu sur les lieux une semaine à l’avance pour m’habituer à la température.
-Pour atteindre un niveau tel que le tien, cela représente combien d’heures d’entraînement par semaine ?
Entre 15 et 20. Cela peut varier en fonction de mon programme. Si j’ai une course la semaine suivante, je réduis les heures d’entraînement à 7 par exemple.
-Comment gères-tu le sport et les études ?
Je suis quelqu’un de rigoureux alors j’arrive à m’organiser pour avoir le temps de tout faire. Je mets la priorité sur les entraînements, mais cela ne m’empêche pas d’avoir encore du temps pour mes devoirs et les sorties.
-Alors les sorties sont-elles encore présentes dans ton agenda ou ton programme d’entraînements te les interdit ?
En ce moment je suis en pause alors je sors souvent ! (rires) Par contre en plaine saison, de fin mai à fin juillet, j’ai des courses presque tous les week-ends alors je sors nettement moins. En général une fois toutes les deux semaines, j’arrive à voir mes amis. C’est clair qu’il y a des sacrifices à faire mais c’est mon choix et j’ai décidé de réduire les sorties en plaine saison pour mettre l’accent sur les entraînements et les courses.
-À l’école, es-tu dispensé d’autres cours à part ceux de sport ?
Non, seulement les 3 heures de sport. J’ai toujours réussi à bien gérer avec l’école donc je n’ai jamais eu besoin de demander plus de temps libre.
-Pourquoi as-tu choisi ce sport ?
J’ai commencé à l’âge de six ans à faire du vtt car mon papa en faisait déjà. Quand j’avais neuf ans, il a commencé le triathlon et c’est en allant voir ses courses que j’ai voulu essayer. Les premières années, je faisais du triathlon et toujours les courses de vtt. C’est seulement vers l’âge de treize ans que j’ai arrêté tous les autres sports pour me concentrer uniquement sur le triathlon. A quatorze ans j’ai remporté mon premier prix, troisième au championnat suisse, et donc je me suis rendu compte que je pouvais espérer faire quelque chose dans ce sport. C’est finalement mon père qui m’a fait connaître ce sport.
-Que prévois-tu pour la suite, pour ton avenir ?
Je vais, après ma pause, commencer à préparer la nouvelle saison avec les premiers triathlons fin mai. Cette année, je serais en dernière année junior sur le circuit suisse de triathlon donc au niveau national, je vise le podium au classement final et également aux championnats suisses. Sur le plan européen, je vais participer à quelques coupes d’Europe et j’espère terminer dans le top 20 européen. En fin de saison, j’aimerais à nouveau me qualifier pour les championnats du monde Xterra à Hawaï où j’espère finir dans le top 3. Dans deux ans, après mon parcours en junior, je vais intégrer le circuit professionnel. Mon rêve serait de pouvoir faire le circuit mondial donc être en professionnel ! Pour l’instant, je prévois de partir une année en Australie ou aux Etats-Unis pour trouver un club, m’entraîner et c’est là que mon avenir va se décider. Je vais tenter une carrière dans le triathlon et je mets toutes les chances de mon côté pour y parvenir.
Mathilde Zufferey
Commentaires récents