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Jamie Oliver, les pizzas surgelées et moi.

Non, je ne suis pas de celles qui se font des après-midis avec leurs copiiiiiines Confection-de-Cupcakes-roses-super-kitschs-super-gras-mais-pas-grave-on-fera de-l’aérobic-après. Ni de celles qui invitent des amis à la maison pour tester sur eux des nouvelles recettes « trop-hypes-j’ai-vu-dans-Cosmopolitain », et je fais encore moins partie de celles qui reçoivent des livres de Jamiiiiiiiiiiie Oliver pour leur anniversaire.

Moi, je me fais des après-midi  vélo- balisto-lecture-dans-le-hamac, j’invite des amis pour des soirées SingStar ou des soirées tranquillle-sur-la-terasse et je reçois de la part de mes chers parents une valise ( !) et un guide touristique sur l’Italie. A quoi il faut ajouter, j’avoue, un livre de cuisine pour les nuls.

Effectivement. Je suis nulle en cuisine. Pourtant, j’adore manger, surtout la cuisine méditerranéenne, de la crémeuse moussaka grecque à la paella espagnole en passant par les pasta goûteuses et pizzas orgasmiques italiennes tout en faisant un détour par le caviar d’aubergine provençal d’origine divine. Je suis une vraie gourmande, le chocolat est mon meilleur ami et… les pizzas surgelées aussi !

Je me sens totalement hors-sujet lorsque que mes amis parlent de confection de sushi et autres makis, font l’éloge de la préparation d’un cheese cake, et font des rimes sur la cuisson de muffins aux myrtilles…

Je suis PRESQUE autant perdue que si l’on demandait à une danseuse étoile de se mettre à faire de la boxe. Je dis bien presque, car je sais faire le minimum vital : enclencher le four, mettre à 200°, ouvrir le paquet de la pizza, la déposer sur une plaque et attendre 10 minutes en lisant un article de journal sur le nombre révoltant de mort de la faim en Afrique, qui entraînera finalement des brûlures au troisième degré de la couche supérieure de ma mozzarella.

Comme dirait Michèle Bernier,  «  Un humaniste, c’est quelqu’un qui ne sait pas où se range le riz dans sa cuisine, mais qui va trouver des tonnes de sacs pour les petits affamés du monde. »

Je crois que je ne me sauverai pas de ma médiocrité en cuisine, mais peut-être je ferai des après-midi avec des futurs collêêêgues sauvons-le-monde-avec-du-riz…

Lauriane Laville

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Les Feufolets sur scène!

Les Feufolets Plusfousquejamais présenteront leurs deux pièces le week-end prochain, le 6 et 7 mai à Echarlens. Venez nombreux applaudir cette troupe sympathique de 5 filles, qui n’ont qu’une ambition: vous faire passer un bon moment!  Voici le résumé des deux pièces qui seront présentées.
Adjugé vendu

Les membres d’une troupe de théâtre, aux caractères extrêmement différents, n’arrivent jamais à se mettre d’accord sur la pièce qu’ils vont jouer. Alors, ils décident de la tirer au sort. Manque de bol, la pièce tirée n’est autre que Roméo et Juliette. Les acteurs n’en font qu’à leur tête et la modifient complètement pour en faire une parodie.

Faisons voler les frisbees !

Anaïs, une jeune psychologue, va bientôt épouser Roger, l’amour de sa vie. Seulement, aujourd’hui, elle doit rencontrer sa future belle-mère. Roger étant bloqué à l’aéroport, elle devra se débrouiller toute seule. Normalement, tout devait bien se passer mais les deux meilleures amies d’Anaïs vont tout chambouler…

Lauriane Laville

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Pocodot.com, l’explication!

Comme beaucoup de gens, vous regardez des vidéos musicales sur youtube, dans le genre Black Eyed Peas ou Rihanna… En lisant les commentaires, vous tombez sur un avis un peu spécial qui fait l’éloge d’un site… Pocodot, késako ? Intrigué, vous vous rendez sur la page d’accueil dudit site, qui ne dit pas grand-chose sur la finalité de pocodot. Mais, en regardant une autre vidéo, vous tombez sur un autre commentaire, toujours à propos de pocodot… « Ne vous inscrivez pas ! Tous ces commentaires sont des faux, ce sont des spams ! Si vous vous inscrivez, vous ne pourrez plus jamais supprimer votre compte sur podocot.com, et des virus contamineront votre ordinateur ! »

En fait, pocodot est un « Facebook-killer ». En effet, avant l’ère Facebook, c’était MySpace le réseau social numéro un. Depuis, Facebook l’a détrôné. Le but de pocodot ? Détruire Facebook en attirant les gens sur leur site… dont l’interface ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de Facebook ! Et les commentaires que vous lisez sur youtube sont un coup de marketing ! Ce sont des spams, qui cherchent à attirer les gens sur le site, en disant qu’ils peuvent être en contact direct avec des stars, comme Lady Gaga ou Fergie, et même parler avec elles !

Des personnes sont payés pour écrire des commentaires sur youtube et les aimer, afin que tout le monde les voient. Plusieurs personnes ont essayé de prévenir les utilisateurs de youtube, en écrivant des commentaires contre pocodot, qui étaient systématiquement ‘dislike’ par les personnes payés par pocodot. Résultat : les commentaires qui étaient positifs à propos de pocodot étaient les plus populaires… et personne ne pouvait être au courant de ce qu’est réellement ce site puisqu’ils disparaissaient au bout d’un moment !

Pocodot aurait été créé pour lutter contre Facebook et son invasion de la vie privée… Mais, sur pocodot, votre e-mail et votre mot de passe deviennent la propriété de pocodot, qui peut l’utiliser à sa guise. Si vous mettez votre numéro de téléphone, vous recevrez plein d’appels publicitaires…

 Ainsi, pour lutter contre Pocodot : déjà, ne pas créer de compte, car vous recevrez plein de spams (50 mails par heure…), des virus contamineront votre ordinateur, et surtout… vous ne pourrez plus jamais supprimer votre compte ! De plus, signalez comme spam  les commentaires positifs à propos de pocodot sur youtube !

Lauriane Laville

Sources : http://blogote.com/2011/internet-sites/what-is-pocodot-com-asks-youtube-users.html

http://www.youtube.com/watch?v=OXN1N4vqtT4&feature=related

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Une classe valaisanne à New York grâce à un concours de la TSR: « On arrive pas encore à y croire! »

 Ils ont entre 16 et 18 ans et sont déjà des traders en herbe ! Dix élèves de la classe 4H Economie du Collège de la Royale Abbaye à Saint-Maurice (Valais) ont  gagné le concours dans la catégorie Ecole de l’émission Toutes Taxes Comprises sur la TSR . Le concours  consistait à optimiser un portefeuille, en jouant sur des titres boursier durant une période de trois mois avec une somme d’argent fictive mais en utilisant les réelles valeurs boursières… Ces étudiants ont notamment battu l’Haute Ecole de Gestion de Genève et le Collège du Bugnon. Ils s’envoleront pour New York au début du mois d’avril…

Lorsque leur professeure d’économie, Dorothée Raymond, en parle pour la première fois, le concours de TTC ne suscite pas un grand intérêt. Mais, Loris Michielan, un élève de la 4H, décide d’inscrire, au dernier moment, sa classe au concours de TTC. « On avait rien à perdre. » Il ne s’imagine pas que quelques mois plus tard, lui et ses camarades termineraient à la première place du concours. D’autant plus méritoire aucun professeur ne les a aidés.  De plus, ils n’avaient presque aucune connaissance de la bourse, ce sujet étant étudié en dernière année de maturité.

Tous les matins, les étudiants parlaient ensemble des mouvements à faire durant la journée, s’il fallait acheter des actions, ou en vendre. Sven Rossier, le « chef des opérations », explique ainsi qu’au début, ils achetaient des titres sans savoir pourquoi, que ces titres augmentaient, et que finalement ils ont fini premiers. Il raconte aussi que presque aucun de leurs professeurs ne savait qu’ils participaient à ce concours, et qu’ils demandaient conseils à certains de leurs parents actifs dans le milieu et auprès d’une grande banque suisse. Pascal Vigolo avoue que la bourse est quelque chose de très complexe, et qu’une part de chance a joué dans leur victoire. Même si au début, tout le monde n’était pas intéressé par le concours, Pauline Gex dit qu’au fur et à mesure que le concours avançait, sa classe a commencé petit à petit à devenir accro ! « Dès qu’Internet était accessible, on se ruait sur le site pour voir les changements ! » A la fin des trois mois que duraient le concours, c’était le stress. L’écart entre leurs principaux adversaires était mince… Pauline retrace la fin du concours : « C’est sûr que la chance nous a aidé…Jusqu’au dernier jour, nous n’étions pas sûr de gagner, même si on avait été premier quasiment tout le long du concours. Tous les titres que nous possédions chutaient et nous ne savions pas ou en étaient les deuxièmes ! Le dernier soir, tout le monde stressait, et on était tous sur Internet, à suivre l’évolution du concours ! Et finalement, nous avons gagné ! »  Leurs familles étaient fières mais également très surprises… Sven décrit la réaction de ses parents : « Ils étaient fiers de moi se disant qu’ils avaient joué un rôle dans cette victoire. Ils ont également été contents que ce concours se termine, car je passais beaucoup de temps pour cela, et que mes devoirs et autres activités s’en voyaient affectés. » Un bémol tout de même : seuls 10 étudiants sur les 19 que compte la 4H Economie partiront pour New York. En effet, un maximum de 10 élèves par classe étaient admis par le règlement du concours.

Et le passage à la télévision du lundi 20 décembre ? « Finalement, ce n’est pas pire que passer devant sa classe pour un oral… », dit Loris. « Ce passage à la télévision nous a permis de comprendre le fonctionnement d’une émission comme TTC, d’ailleurs, ce n’est pas toujours bien organisé sur le plateau ! Mais c’était une expérience vraiment intéressante ! » relate Pauline. Après leur passage, ils ont même eu un apéro dans un lounge de la TSR…

Tous se réjouissent de visiter Wall Street, d’aller voir un match de NHL, la statue de la Liberté et l’Empire State Building, et d’évidemment d’aller faire un peu de shopping… 
« C’est incroyable et franchement, j’arrive pas encore à y croire ! « , s’exclame Pauline.

 Bon alors, les OS Economie-Droit du Collège du Sud,  tentés par un petit séjour dans la ville qui ne dort jamais?

Lauriane Laville

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Doublecreme.ch, collection printemps-été 2011, suite et fin

Ashraf et Xavier: " Nous, on aime la couleur!"

Par Lauriane Laville (texte) et Mélanie Gérard (photos)

Roméo Gaudin: »Je n’aime pas porter ce que les autres portent déjà! »

 

Défilant dans les couloirs du Collège habillés avec classe, élégance et bon goût, ces quelques hommes ont attiré les regards de notre rédaction, qui a vite eu fait de dégainer l’appareil photo et de les poursuivre dans les couloirs, afin d’obtenir d’eux photos et autres commentaires sur leur style. La plupart s’habillent chez des magasins comme H&M ou Zara, preuve qu’on peut avoir du style sans y consacrer tout un budget ! Voici donc une sélection de quelques styles assez différents, du dandy au décontracté, en passant par l’élégance…

Kim Dachtler: "J'aime m'habiller classe et décontracté."

Shpend Dibrani: « Balèèèze! »

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Doublecreme.ch, collection printemps-été 2011 suite.

Ryan Siow:"Décontracté et haut en couleurs!"

Par Lauriane Laville (texte) et Mélanie Gérard (photos)

Défilant dans les couloirs du Collège habillés avec classe, élégance et bon goût, ces quelques hommes ont attiré les regards de notre rédaction, qui a vite eu fait de dégainer l’appareil photo et de les poursuivre dans les couloirs, afin d’obtenir d’eux photos et autres commentaires sur leur style. La plupart s’habillent chez des magasins comme H&M ou Zara, preuve qu’on peut avoir du style sans y consacrer tout un budget ! Voici donc une sélection de quelques styles assez différents, du dandy au décontracté, en passant par l’élégance…

* Il faut zoomer pour lire d’ou viennent leurs fringues!

Luca: "J'aime le style décontracté!"

 

Matthieu Musy:"De l'oppostion naît la création!"

Florian Berger: « Je porte ce que j’aime! »

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Doublecreme.ch, collection printemps-été 2011

Marko Stamenkovic: "Mon style reflète mes goûts musicaux."

Par Lauriane Laville (texte) et Mélanie Gérard (photos).

Défilant dans les couloirs du Collège habillés avec classe, élégance et bon goût, ces quelques hommes ont attiré les regards de notre rédaction, qui a vite eu fait de dégainer l’appareil photo et de les poursuivre dans les couloirs, afin d’obtenir d’eux photos et autres commentaires sur leur style. La plupart s’habillent chez des magasins comme H&M ou Zara, preuve qu’on peut avoir du style sans y consacrer tout un budget ! Voici donc une sélection de quelques styles assez différents, du dandy au décontracté, en passant par l’élégance…

Matthieu Bach: "J'aime m'habiller décontracté."

Loris Savary: "J'aime m'habiller, tout simplement!"

 

Matthieu Monney: « Classe et élégant, mais pas de manière ostentatoire… »

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Parlementaires débordés et salle désordonnée!

Des bouteilles de pet vides, des feuilles volantes, des dossiers ouverts, un ordinateur posé par-dessus, accompagné par des stylos et autres chargeurs de portables : ceci n’est pas la description d’un bureau d’étudiant en pleines révisions mais bien celui d’un conseiller national. La première réflexion du visiteur, lorsqu’il aperçoit la salle du Conseil National, est que la vie d’un parlementaire semble bien paisible. En effet, alors que des intervenants parlent d’un dossier, il est difficile de trouver quelqu’un qui écoute ce qu’ils ont à dire. Les quelques députés présents – la salle est presque vide- lisent des journaux, parlent avec leurs collègues, lisent leurs mails, et même…surfent sur Facebook ! Par exemple, Christian Luscher (PLR/GE) regarde sur Facebook les photos des hôtesses du salon de l’auto…

 Même lorsque la Conseillère Fédérale Evelyn Widmer-Schlumpf parle, personne dans la salle, ou presque, ne prête attention à cette dernière. Les parlementaires seront même réprimandés par le Président de la Chambre National, Monsieur Germanier : « Un peu de silence, s’il vous plaît, on ne s’entend plus. » Puis, au moment du vote, c’est la course. Des Conseillers Nationaux arrivent dans la salle en courant, pour bondir sur leur bureau afin de voter. Spectacle étrange… 

 Mais il y a des explications à ce manège. En effet, durant une session parlementaire, qui dure généralement trois semaines, cela quatre fois par année, un politicien doit assumer beaucoup d’autres obligations : assister aux séances de groupe ou de commission, répondre aux questions des journalistes, préparer des propositions ou des interventions orales, répondre au courrier, s’entretenir avec un Conseiller fédéral, et accueillir des groupes de visiteurs… De plus, le débat dans la salle du Conseil National sert davantage à clarifier les enjeux pour le public que pour les parlementaires, déjà au courant du dossier. En effet, la question du vote aura déjà été en séance de groupe, et les députés moins au courant du dossier, préfèrent se décharger de la discussion et voter comme celui qui a suivi le débat…

 Le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR) avoue quand même : « Cela doit paraître bizarre et dérangeant aux collégiens qui viennent de voir des gens parler entre eux, surfer sur internet, lire le journal, ne pas écouter quelqu’un qui parle, toutes des choses qui sont pourtant interdites en classe ! »  Mais pas aussi dérangeant que les gardes qui s’occupent des visiteurs. En effet, n’est-il pas un peu paradoxal d’insister et de réprimander plusieurs personnes qui chuchotaient, ou qui ne se tenaient pas correctement sur des chaises fort inconfortables alors que juste au-dessous, les députés, comme dit plus haut, surfent sur internet, lisent des journaux, et ne sont pas attentifs à ce qu’il se passe devant eux ? Et quelle belle image donnent-ils de notre pays à des voyageurs étrangers, s’ils les traitent comme du bétail, en étant aussi froid qu’un mois de Janvier à La Brévine. Nous dirons que des jours comme celui-ci arrivent de temps en temps, et que « être suisse-allemand » n’est pas une excuse pour un mauvais accueil…

Lauriane Laville

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« Le Burkina Faso, c’est un autre monde! »: Dernière partie!

Comment les relations avec les jeunes se passaient?

 Jennifer : Il y a un monstre décalage. Ils vivent dans des villages où il n’y pas l’eau courante, ni l’électricité, pas de télé, et ils ont peut-être vu quelques fois dans leur vie une voiture… !  Nous n’avions pas du tout les mêmes centres d’intérêts.

 Lola : Tous les enfants de 4-5 ans portaient déjà leurs petits frères ou sœurs sur le dos, et un enfant de une année et demie, deux ans sait qu’il doit monter  sur le dos de leur maman lorsque celle-ci se baisse avec le tissu sur le dos ! C’est impressionnant !

Jennifer : En Afrique, ce n’est pas les mères qui s’occupent de leurs enfants, car elles travaillent dans les champs pour la plupart,  mais leurs frères ou sœurs. Fanta, une fille du village, qui devait avoir 5 ans, prenait avec elle son petit frère partout ! Même en classe,  et il pleurait tout le temps! Il avait peur de nous, on ne pouvait pas le toucher. Ou encore, lorsque qu’elle jouait à un jeu, par exemple à la corde à sauter, si son frère se mettait  à pleurer, elle arrêtait de jouer et le reprenait sur son dos. Cela toute la journée !

Est-ce que vous vous êtes senties bien intégré, ou au contraire étiez-vous un peu exclue de cette culture ?

Lola : Oui bien sûr ! Les gens là-bas sont tellement accueillants et chaleureux…
 Jennifer : Oui, nous nous entendions vraiment bien avec tout le monde. Le fait de vivre avec des Burkinabés nous a vraiment intégré à leur culture. Mais c’est vrai que de temps en temps on ressentait quelques ambiguïtés du fait que nous étions blanches. Blanc en Afrique se traduit souvent par “ riche “. Il y avait quand même quelques jalousies au sein du groupe lorsque que l’on offrait quelque chose à quelqu’un et pas à l’autre…

Lola : Pour revenir aux jeunes qui étaient avec nous, ils étaient tous très matures. J’aurais donné peut-être 24 ans à Yasmine, mais elle en avait seulement 16.  Pour les garçons, c’est pareil. Et comme il n’y pas de contraception, elles sont souvent maman à 15-16 ans, de père différents, puisque c’est un pays à majorité musulmane, et la polygamie y est fréquente.


Jennifer : Ils n’ont pas la même vie que nous. Ils font face à des problèmes autres que les nôtres. Nous n’avons par conséquent pas la même maturité. 


Est-ce que ça vous a paru étrange ?


Jennifer : Oui ! Mais tu vois, par exemple, Yasmine qui avait 16 ans, je lui faisais totalement confiance, comme si elle en avait 10 de plus ! Les trois filles qui étaient avec nous, c’était un peu nos mères…


Lola : Elles ont beaucoup plus d’expérience de la vie que nous…  
Ils avaient également d’autres préoccupations que nous. Dans les villages par exemple, c’était de trouver à manger. Ils étaient presque tous orphelins de père ou de mère. Certains, des deux. Les filles qui faisaient le chantier avec nous avaient les trois subît l’excision, et souvent, leurs parents n’étaient pas d’accord, c’était leurs tantes ou une autre personne de la famille qui le faisait. C’est atroce. Elles avaient environ 4 ans et s’en souviennent comme si c’était hier, deux d’entre elles se sont fait battre lorsqu’elles étaient encore enfants.  


 Sur les photos que Lola a mise sur facebook, tout à l’air très rudimentaire, le village semble à des kilomètres de la civilisation, est-ce que le confort occidental vous a manqué ?


Les deux : Oh oui, honnêtement, plus que ce qu’on avait imaginé !


Si on vous donnait un objet ou n’importe quoi qui vous a manqué là-bas, ce serait quoi ?

Lola : Pour les deux ce ne serait pas la même chose !

Jennifer : La douche !

Lola : Mon lit !


 (Rires)


Jennifer : La douche, ah la douche, c’était quelque chose ! Pour commencer, on allait chercher un bidon d’eau à la pompe. Les enfants nous aidaient souvent à les porter ! La douche, c’est 4 murs, à l’air libre. On se douchait toujours ensemble, avant de souper, c’était bien drôle, on se racontait nos journées… Mais l’eau n’était pas propre, on avait un savon plein de sable….  Et les linges ! On avait des linges pour la montagne, censé sécher super rapidement, mais au bout de trois semaines, c’était terrible, ça puait le chameau.  On était plus ou moins propre, malgré  l’eau le savon et les linges ! Le déodorant, c’était orgasmique !

Lola : Nos habits étaient ni secs, ni propres, à cause de l’humidité. Quand on faisait la lessive, ça nous prenait tout l’après-midi, et les enfants du village restaient autour de nous, c’était sympa. La nuit, c’était terrible! Il faisait tellement chaud, qu’on dormait super mal. Il y avait pleins d’insectes partout, des termites, chauve-souris, araignées…  Et on entendait les ânes toute la nuit. La première nuit, Jenn et moi, on s’est réveillées en sursaut et avons cru qu’un âne se faisait égorger, mais en fait, il pleurait simplement, c’était impressionnant les cris qu’ils faisaient. On a dormi sans moustiquaire parce qu’il faisait trop chaud ! Pendant trois semaines, on s’est fait manger par les moustiques et Jennifer a eu une infection à la fin du séjour.

Et vous arriviez à donner des nouvelles à vos familles ?

 Lola : Oui par moment. Il y avait du réseau près d’un petit lac pour les bœufs, vers la route. On pouvait parfois envoyer un message, j’ai appelé ma famille deux fois durant le voyage car ça coûte super cher.

Et que disait vos familles sur vos aventures ?

 Jennifer : Ma mère s’inquiétait beaucoup…

Lola : Mon frère, la première chose qu’il m’a demandé : «T’as à manger ? » Mais ça nous faisait plaisir de se parler un peu, c’était assez dingue car on ne vivait vraiment pas dans le même monde ces trois semaines.


(Rires)

D’ailleurs, sur les photos que Jennifer a posté, on voit un plat de riz, et Jennifer écrit que vous avez mangé ça quasiment tout le temps…


Lola : Ouais, du riz pendant trois semaines, parfois des pâtes, mais le couscous, c’était la fête ! Ca prenait beaucoup plus de temps à préparer mais c’était tellement bon ! Jennifer : La même recette, les mêmes légumes, enfin ce qui restait après qu’on ait enlevé ce qui était pourri… Il fallait trier le riz, parce qu’il y avait souvent des moucherons séchés dedans ou des bouts de cailloux. Ils mettaient dans un grand plat, et tout le monde mangeait ensemble. Les repas étaient vraiment un bon moment de la journée. 


Est-ce que vous vivez différemment depuis que vous êtes rentrées ?


Lola : Tu vis pareil, mais tu vois les choses différemment, tu fais plus attention à certains trucs, comme l’eau, et tu relativises… Mais c’est vrai qu’on se sentait parfois complètement décalés au retour, ce n’était pas facile, tu te sens tellement révolté ! Mais on le savait avant de partir et on savait qu’on devrait faire très attention au retour.

 Jennifer : Le début, c’était très dur. On attendait plus que de manger une pizza, c’est tout con, on a été au Gruyérien et de voir tous ces gens devant une telle abondance de nourriture, à parler de la pluie et du beau temps comme si personne ne souffrait à côté … Alors que hier t’étais en Afrique, dans un village ultra-pauvre ou les enfants avaient tout juste de quoi boire et manger! J’ai pleuré, tellement c’était choquant et dur…

Lola : On fantasmait sur une cette pizza depuis trois semaines… Et le jour où on était vraiment devant, on a été incapable de la manger.

Et vous conseilleriez à tout le monde de faire ça ?

Les deux : Non !

Lola : Je pense qu’il faut en avoir envie, et de savoir pourquoi on part! Ca ne doit pas être quelque chose pour se faire bien voir ! Si tu fais ça pour toi, tu n’apporteras rien aux autres ! Mais les gens qui en ont vraiment envie et qui savent pourquoi ils partent, c’est vraiment génial, je leur conseille vraiment de partir, car il n’y a pas assez de personnes qui le font, Il y a tellement de pays comme ça et beaucoup de monde n’en a rien à faire ! C’est affreux ! Je dis pas qu’on doit le faire à 15 ans, pas du tout, mais plus tard, oui !


Jennifer : C’est quand même difficile, il y a des jours où on en a eu marre, à cause du chaud, j’étais malade… Nous c’était vraiment un rêve de faire ça, alors ça a été !

Un dernier mot, pour conclure ?

Jennifer : J’attends plus que de repartir !

 Lola : Moi aussi !!

 Lauriane Laville.

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« Le Burkina Faso, c’est un autre monde! »: Une journée en Afrique

 

Une journée type ca donnait quoi ?

Jenniifer : On se réveillait à 6heures du matin. Le soleil se lève beaucoup plus tôt en Afrique, c’est pour ça. 


 Lola : On dormait vraiment peu à cause de la chaleur, alors on était toujours contente quand le soleil se levait. 


 Jennifer : On vivait dans une pièce à 10 dedans (n.d.l.r : elles, les deux bénévoles français et 6 bénévoles burkinabés). Il y avait une autre salle ou on mettait nos bagages, mais c’était la seule pièce fermée de la maison. Donc le matin, on se passe une lavette sur le visage, on mettait un pantalon, ou parfois on gardait même nos habits de la nuit, de toute façon on s’en foutait ! Après on déjeunait…


Lola : Ce qu’on mangeait le matin, c’était pas terrible parce que le pain était sec à cause du transport de la ville jusqu’au village. Mais le thé, c’était orgasmique, il fallait juste faire gaffe qu’il ait bouilli avant de le boire à cause des bactéries. C’est vrai qu’on faisait vraiment attention à la nourriture, on avait assez peur d’attraper une  maladie et d’être mal durant tout le voyage, c’est vite arrivé. Car on ne peut pas manger comme eux, on n’a pas les même défenses immunitaires.


Jennifer : Après, vers 7h30, on partait pour l’école. On gérait chacune une classe, avec un burkinabé, pour qu’il puisse traduire, puisque les plus petits enfants ne parlaient pas français. (CP1-CP2)


Lola : Il y a une grande différence d’âge, et aussi de niveau. Par exemple, j’envoyais des élèves chez Jennifer et vice-versa. Ils n’ont pas tous eu la même scolarisation et parfois ils devaient rester à la maison aider, ça dépendait beaucoup des famille.

Jennifer : A 10 heures, il y avait une pause de 20-30 minutes. On donnait les cours jusqu’à midi. On avait un programme, et toutes les 20 minutes, on changeait de matière, de la grammaire à l’orthographe, de la géographie au dessin, etc. mais avec des enfants, qui ont 5-8 ans, on faisait ce qu’on pensait parce… Ils avaient un livre de l’Instruction Publique du Burkina Faso, ou ils devaient par exemple savoir lire « Kaki » ou « Le vélo de mon papa », mais quand je suis arrivée en classe, pas mal ne savait même pas l’alphabet. Donc, je suis partie de la base. Les bénévoles qui devaient préparer à manger partaient vers 11h30. On mangeait vers 13h00. Comme il faisait super chaud, on ne donnait pas de cours l’après-midi. On a fait quelques fois des activités tous ensemble: foot, théâtre ou cours de dessin mais, à cause de la chaleur, c’était pas génial, ni pour les enfants, ni pour nous. Alors on prenait souvent une natte, sous un arbre et on jouait avec les enfants.
 Après, vers 16h30, c’était génial, parce que le soleil se couchait, et il faisait moins chaud. Souvent on allait se promener dans les villages aux alentours, enfin, plutôt des regroupements de hutte,  et c’était très drôle, car dans le premier village, 15 enfants nous suivaient, puis dans le suivant 15 de plus, et encore 15. On se retournait et il y avait 50 enfants derrière nous !


 En fait, vous étiez vraiment des stars là-bas !


Jennifer : Le truc c’est qu’ils ne voient pas souvent de Blanc. Mais même dans la capitale  (Ouagadougou), on entendait des gens qui disaient « Nassala, Nassala », qui veut dire « Blanc » en Mooré (n.d.l.r ; dialecte du Burkina Faso).  Tous les enfants couraient vers nous dans les marchés ou en ville et criaient Nassala, ils se précipitaient pour nous toucher la main. C’était vraiment marrant!

 Lola : Sans s’en rendre compte, on disait Bonjour à tout le monde, puisque tout le monde nous disait Bonjour car on était blanches ! Ca faisait bizarre car on se sentait vraiment comme des personnes différentes, on aurait aimé être comme eux quand on était là-bas.


Jennifer : Certaines personnes nous prenaient en photo avec leur natel…

 Comment les relations avec les jeunes se passaient ?

 Jennifer : Il y a un monstre décalage. Ils vivent dans des villages où il n’y pas l’eau courante, ni l’électricité, pas de télé, et ils ont peut-être vu quelques fois dans leur vie une voiture… !  Nous n’avions pas du tout les mêmes centres d’intérêts.

 Lola : Tous les enfants de 4-5 ans portaient déjà leurs petits frères ou sœurs sur le dos, et un enfant de une année et demie, deux ans sait qu’il doit monter  sur le dos de leur maman lorsque celle-ci se baisse avec le tissu sur le dos ! C’est impressionnant !


Jennifer : En Afrique, ce n’est pas les mères qui s’occupent de leurs enfants, car elles travaillent dans les champs pour la plupart,  mais leurs frères ou sœurs. Fanta, une fille du village, qui devait avoir 5 ans, prenait avec elle son petit frère partout ! Même en classe,  et il pleurait tout le temps! Il avait peur de nous, on ne pouvait pas le toucher. Ou encore, lorsque qu’elle jouait à un jeu, par exemple à la corde à sauter, si son frère se mettait  à pleurer, elle arrêtait de jouer et le reprenait sur son dos. Cela toute la journée !

Est-ce que vous vous êtes senties bien intégré, ou au contraire étiez-vous un peu exclue de cette culture ?


Lola : Oui bien sûr ! Les gens là-bas sont tellement accueillants et chaleureux…
 Jennifer : Oui, nous nous entendions vraiment bien avec tout le monde. Le fait de vivre avec des Burkinabés nous a vraiment intégré à leur culture. Mais c’est vrai que de temps en temps on ressentait quelques ambiguïtés du fait que nous étions blanches. Blanc en Afrique se traduit souvent par “ riche “. Il y avait quand même quelques jalousies au sein du groupe lorsque que l’on offrait quelque chose à quelqu’un et pas à l’autre… 


Lola : Pour revenir aux jeunes qui étaient avec nous, ils étaient tous très matures. J’aurais donné peut-être 24 ans à Yasmine, mais elle en avait seulement 16.  Pour les garçons, c’est pareil. Et comme il n’y pas de contraception, elles sont souvent maman à 15-16 ans, de père différents, puisque c’est un pays à majorité musulmane, et la polygamie y est fréquente.

Jennifer : Ils n’ont pas la même vie que nous. Ils font face à des problèmes autres que les nôtres. Nous n’avons par conséquent pas la même maturité. 


Est-ce que ça vous a paru étrange ?

Jennifer : Oui ! Mais tu vois, par exemple, Yasmine qui avait 16 ans, je lui faisais totalement confiance, comme si elle en avait 10 de plus ! Les trois filles qui étaient avec nous, c’était un peu nos mères…

Lola : Elles ont beaucoup plus d’expérience de la vie que nous…  
Ils avaient également d’autres préoccupations que nous. Dans les villages par exemple, c’était de trouver à manger. Ils étaient presque tous orphelins de père ou de mère. Certains, des deux. Les filles qui faisaient le chantier avec nous avaient les trois subît l’excision, et souvent, leurs parents n’étaient pas d’accord, c’était leurs tantes ou une autre personne de la famille qui le faisait. C’est atroce. Elles avaient environ 4 ans et s’en souviennent comme si c’était hier, deux d’entre elles se sont fait battre lorsqu’elles étaient encore enfants. 

A suivre…

Lauriane Laville

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