Le dessin? La peinture? Pour certains ces quelques mots expriment la torture. Pour d’autres, comme Jérôme Gapany qui est en 4ème du collège à Bulle, l’art est une réelle passion. Nous l’avons ainsi interrogé et avons été surpris par sa façon de parler d’art.
1. Quand et comment as-tu découvert ta passion pour l’art?
A vrai dire, je ne sais pas trop comment ça m’est venu. Un peu à l’instinct, depuis tout petit je dessinais partout où je pouvais, le plus souvent sur des feuilles de maths ou des gribouillis dans un bloc-notes à l’école primaire…Je pense que c’est à ce moment que j’ai pris goût au dessin puis, petit à petit, à l’art.
2. Quelles sont tes sources d’inspiration? Es-tu parfois à court d’inspiration?
Mes sources d’inspirations? Je n’en ai pas. S’inspirer pour moi c’est copier.Même si souvent on est influencé par tout ce que l’on voit autour de soi, surtout à l’heure actuelle avec la pub etc… Le plus souvent, c’est au feeling, dans l’instant présent. L’inspiration c’est ce qui part de vous, qui file dans votre bras jusque dans le crayon et qui, dès lors que ça touche le support, repart d’où ça vient. En gros c’est un échange avec soi-même
A court d’inspiration? À peu près jamais. Si je ne dessine pas, ce n’est pas par manque d’inspiration, mais plutôt parce que je n’ai pas envie de dessiner, simplement.
3. Penses-tu que l’art, en particulier la peinture, « s’essouffle » un peu dans la société de nos jours?
Picasso disait: » Il n’y a, en art, ni passé, ni futur. L’art qui n’est pas dans le présent ne sera jamais. »
En ces termes est présupposée l’idée que l’art nous vient de l’action en soit. Créer, c’est faire de l’art. On ne crée pas dans le passé, on crée maintenant.
D’après moi, l’art ne s’essouffle pas. Il est partout. Ce qui s’essouffle, c’est plutôt notre perception vis-à-vis de celui-ci. On croit qu’il n’y a que les chefs-d’œuvre ou les créations signées de grands noms qui appartiennent à l’art. Pourtant, un gamin qui pisse dans la neige pour y dessiner un petit chien jaune, c’est déjà de l’art…
En ce qui concerne le peintre en lui-même : peut-être qu’à l’heure actuelle, on appelle plus ça un peintre, mais un designer, un graphiste, un responsable-communication. Des métiers déguisés sous diverses appellations et qui utilisent l’art comme fond de commerce. Un peu comme une prostituée qui utilise son sexe pour se faire de l’argent. Eux utilisent l’art pour en gagner ou profiter à d’autres. Le métier de peintre n’a jamais vraiment existé. Il n’y a pas de formation pour devenir peintre, juste des déformations !
4. As-tu des projets professionnels qui touchent à l’art ou non? Pourquoi?
En dernier recours, peut-être. Je préfère trouver un vrai métier. Je préfère d’abord suivre des études dans les langues, afin de maximiser mes chances dans un métier futur, lequel ne touchera pas forcément au domaine artistique. Je suis d’avis qu’il faut garder le plus longtemps possible toutes les voies professionnelles ouvertes, puis faire son choix ensuite.
La voie artistique est très difficile et ne garantit pas nécessairement un travail qui nourrisse son homme. Il est aussi très facile de s’y perdre, l’art exigeant que l’on s’y implique corps et âme, une déception ou un échec devient alors moins négligeable. Prenez par exemple, un travail dans le domaine du droit: si l’on exige de vous un article et qu’il est mal rédigé, vous pourrez le corriger; c’est ainsi l’article qui est faux, et non vous. En Art, chaque « création » implique nécessairement une remise en question perpétuelle de soi-même et c’est en ceci, d’après moi, que l’art est beaucoup plus dangereux. C’est pourquoi je préfère, dans un premier temps, poursuivre mes études (en langues et Lettres), afin de maximiser mes chances dans la recherche d’un futur métier, lequel ne touchera pas forcément au domaine artistique. Je suis d’avis qu’il faut garder le plus longtemps possible toutes les opportunités professionnelles ouvertes, et de les envisager avec réflexion. J’envisage l’art plutôt comme un un loisir, mais si un jour la possibilité de « faire dans l’Art » et de gagner 10000 francs par mois m’est offerte, je pense bien que j’accepterais.
5. Aimes-tu la crème double ?
La crème double, ça c’est bon !! Ce n’est pas moi qui vais dire le contraire ! Sérieux, il n’y a que ça de vrai.

