Gawrysiak, le Violoniste

Gawrysiak, le Violoniste

A noter que le Trio Animae se produira le vendredi 11 décembre, à Ebullition, Rue de Vevey 34 à Bulle. Pour plus d’informations, www.ebull.ch

La musique est une drogue, une drogue légale que je consomme sans modération. Elle m’apporte tout.

Jean-Christophe Gawrysiak

Gruyérien d’origine, Jean-Christophe vit aujourd’hui à Bulle avec sa femme et son fils.

Jean-Christophe Gawrysiak, alias Primasch, est le violoniste du groupe Prímasch & The Tzigan Dreams’ Collector qui propose une musique issue du folklore juif et gitan revisités, mâtinés de blues-rock enfiévré: un cocktail survitaminé, étonnant et détonnant, servi frappé par une formation comportant violon électrifié, cymbalum, guitare basse, percussions et batterie. (Source : http://www.myspace.com/primasch)

Jean-Christophe Gawrysiak est aussi le violoniste du Trio Animæ (Primasch – violon, Tomas – piano, Dieter – violoncelle), Trio qui figure parmi les ensembles les plus importants de sa génération avec sept disques de leur crû qui se promènent sur les ondes radiophoniques entre le Canada et l’Australie en passant par la Finlande. (Source : http://ebull.ch/)

J’ai rencontré Jean-Christophe Gawrysiak, violoniste virtuose, qui a chaleureusement accepté de me recevoir à son domicile en vue de répondre aux quelques questions que je voulais lui poser à propos de son métier.

À quel âge avez-vous commencé à vous intéresser à la musique, au violon en particulier et, comme on sait que jouer du violon est extrêmement difficile, alors, combien de temps avez-vous mis  pour atteindre votre niveau de virtuosité ?

J.-C. Gawrysiak : Je ne m’en souviens plus. Je suis né avec un gramophone d’un côté et un violon de l’autre. En fait, j’habitais à Broc, un peu en dehors du village, dans une maison isolée et les disques vinyles, les 33 tours comblaient l’absence de camarades. Je me rappelle des pochettes sur lesquelles figuraient les photos des compositeurs comme Bach, Chopin. J’admirais David Oistrakh, un interprète formidable! Les violonistes interprétant de la musique classique et tsigane constituaient une bande d’amis et mes premiers souvenirs musicaux concernent le Trio de Ravel. En octobre, j’ai joué ce Trio de Ravel et ça m’a tellement fait penser à mon enfance.

J’ai commencé le violon à 7 ans. Avant, j’ai dû faire une année de flûte à bec,  une année catastrophique parce que je détestais utiliser cet instrument. Pour mes 7 ans, mon père m’a enfin offert un violon.

Quant à la difficulté, il faut savoir que je fais encore des progrès, que j’apprends toujours. Ceci dit, faire du violon classique signifie fréquenter le conservatoire et affronter des années et des années d’apprentissage. L’académisme ne m’intéresse pas et j’ai toujours plus appris avec l’oreille qu’avec les notes : quand je me suis retrouvé au conservatoire à devoir passer des examens de solfège, d’harmonie, de contrepoint, j’ai dû beaucoup travailler parce que  tout ce je savais de la musique je l’avais appris de façon instinctive. Je ne me définis pas comme intellectuel mais comme “instinctuel” avec pour seul repère le “feeling”.

Je devais avoir entre 12 et 13 ans quand je commençais à éprouver vraiment du plaisir à jouer du violon, quand je pouvais dire mes idées avec cet instrument. À ce moment-là, j’ai décidé que je continuerais à faire de la musique plus tard.

Quel genre de musique jouez-vous ? Classique ou contemporaine ? Peut-être les deux? Que  préférez-vous ?

J.-C. Gawrysiak : Actuellement je préfère la musique moderne,  le rock et la musique tsigane même si la plus grande partie de mon métier concerne le domaine de la musique classique. J’ai un ensemble à Bâle, le Trio Animae : nous jouons de la musique classique mais, même avec cet ensemble, depuis  quelques années nous avons fait du tango nuovo ; nous jouons cette musique depuis assez longtemps et nous aimons ce créneau parce que cette musique ressemble à la musique classique avec des tendances jazz et même des mélodies qui rappellent la musique tsigane.

Je joue encore beaucoup de musique classique : je ne pourrai jamais me détacher de la musique classique, parce que j’aime l’univers fabuleux qu’elle offre! En musique classique, j’interprète la musique des autres. Par contre, avec mon projet Primas X, je fais des arrangements  où se mélangent des thèmes traditionnels et des créations personnelles : il s’agit de compositions, d’ idées musicales.

Lorsque vous composez, d’où vient votre inspiration (vie, peinture, lecture ou autres) ?

J.-C. Gawrysiak : Tout m’inspire. J’écoute beaucoup de Blues,  Steve Ray Vaughan, Gary Moore. J’admire Santana et je reviens à mes premières amours en réécoutant les Pink Floyd, ces grands créateurs. J’aime bien Radiohead.

Là, par exemple, dans ce petit CD, j’ai fait une chanson pour mon fils et dans cette chanson resurgissent des souvenirs de nos virées en montagne lorsque nous chantions  à tue-tête Là-haut sur la montagne; alors, j’ai repris cette chanson en style Klezmer – musique traditionnelle juive qui ressemble à la musique tsigane – .

J’ai dédié l’album à ma compagne : bien sûr, les souvenirs concernant notre rencontre affluent et déterminent le titre de l’album  Met her in Spring. Donc, l’amour, évidemment, mais aussi les coups de blues, la tristesse, la joie. Je me suis aussi inspiré de Vivaldi, des Quatre saisons. L’inspiration dépend  de mon  parcours personnel et sentimental.

Donnez-vous des concerts ? Voyagez-vous beaucoup afin de faire connaître votre œuvre? Quel accueil rencontrez-vous en général ?

J.-C. Gawrysiak : En ce qui concerne Primas X, je n’ai pas encore de dates fixées. Je ne peux pas m’y consacrer vraiment à cause de tout le temps que me prend la carrière classique. J’y vais un peu au compte goutte. Il faut s’exercer, faire les répétitions. Il faut aussi organiser les concerts parce l’agent ne s’en occupe pas toujours.

En ce qui concerne les concerts de musique classique avec le Trio Animae, nous avons beaucoup joué en Allemagne parce que les Allemands ont une grande tradition de musique de chambre. Nous avons également joué en Hongrie, en Slovaquie, en Pologne, en Italie, en France, en Autriche, en Espagne mais aussi en Amérique latine.

La musique de chambre n’intéresse qu’une petite partie des gens. Alors, parfois nous jouons dans une salle comble et d’autres fois, c’est le contraire. Quelquefois, nous avons joué devant 2 personnes mais, par exemple, au Teatro Colon à Buenos Aires, dans la salle de musique de chambre du Teatro prévue pour 1’000 places, le soir où nous avons joué, l’organisatrice ne savait plus où placer les gens : pour finir, nous avons joué devant 1’200 personnes.

Voilà, la vie de musicien comporte des succès mais aussi des revers..

Les kilomètres défilent et parfois un violon pèse très lourd.

This post was written by:

- who has written 15 posts on DOUBLECREME.ch.


Contact the author

Leave a Reply

Buzz


La vidéo la plus détestée de youtube!


Pour comprendre des clowns japonais, pas besoin de parler leur langue.

Nuage de crème

ENTRE NOUS ET VOUS

DOUBLECREME:CH, site d'information participatif. Envoyez-nous vos informations et vos liens préférés.
Contactez-nous (rubrique: contact) pour proposer:articles, reportages, opinion, manifestations, fête, photos et vidéos...

Competition

décembre 2009
L Ma Me J V S D
« nov   jan »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Polls

Quel est votre budget pour votre déguisement de carnaval?

  • Aucun, je ne me déguise pas (48%, 23 Votes)
  • Moins de 20 francs (23%, 11 Votes)
  • Entre 20 et 50 francs (13%, 6 Votes)
  • Entre 50 et 80 francs (10%, 5 Votes)
  • Plus de 80 francs (6%, 3 Votes)

Total des votants: 48

Loading ... Loading ...